jeudi 12 juillet 2018

Les parutions du premier semestre 2018

Tous les livres que vous pouvez trouver en librairie, parus depuis janvier !



 

Je voulais vous dire

texte d'Armand Gatti
dessins d'Emmanuelle Amann



Armand Gatti mêle de façon subtile et adroite la petite et la grande histoire, l'amour et la guerre, le chant d'espoir et l'horreur. Paysages de maquis, évocations des "frères" de combat, des espoirs et de la misère des temps de guerre.
Véritable lettre de mémoire et d'amour pour tous ceux que la "sirène" a pris dans ses filets...


 




Extrait
Un amour si fragile, si menacé fut-il
pouvait-il s'éteindre
ne portait-il pas en lui
ce pourquoi, ils étaient partis
dans le plein éclat de leur jeunesse
pour mieux rester sur place
dans chaque instant
et pour le pire

 


 

Juste un arbre Juste

texte de Cédric Le Penven
dessins de Jean-Gilles Badaire

Ce poème part d’un dessin d’arbre nu et de la simple contemplation de cette peinture. Prétexte alors à soulever de nombreux questionnements : le temps, la conscience de soi, et sans doute la conscience de soi par l’autre, par ce qui cŕée un lien entre soi et le monde, entre soi et la mémoire. Finalement, il va établir un lien entre le regard et le faire, la nature comme une force de vie incroyable, comme un modèle d’être-au-monde presque parfait.
Importante recherche de ce qui est immuable, de ce qui fabrique le quotidien dans sa quête de sens, animé aussi par un combat contre le besoin de posséder matériellement le monde, ce que cela apporte de superficialité et de dépossession de soi finalement. C’est une recherche du beau dans ce qu’il a de simple et évident, le beau dans le dénuement total.

La poésie de Cédric Le Penven fait partie de ce que l’on appelle une poésie du quotidien, en ce qu’elle va chercher à l’intérieur de soi des liens plus profonds et plus larges avec le rapport au temps et à sa cicatrisation, le rapport au monde et à ses lignes de fuite.

Extrait
Un arbre nu, en hiver
Je voudrais aller ainsi dans le monde, visage offert aux autres, bras le long du corps
L’arbre a renoncé à entendre les paroles fielleuses qui contaminent les jours. Il les accueille comme les bourrasques d’une nuit de janvier. Il accuse, ploie, le temps de l’épreuve
Vivre a ceci de rassurant que rien ne dure, même le pire




Et parier que dedans se donne aussi la beauté


texte de James Sacré
dessins de Guy Calamusa



Où il est question du corps, de l’écriture et de ce qu’il en est de la déchirure, ce qui lie le premier avec le second. Il est question de la façon dont on se place dans le monde, ce qui nous transporte, ce que voient nos yeux et ce qu’expriment notre bouche, nos mains. D’où part-on pour dire ce rapport aux choses ? Qu’est-ce qui est vrai, qu’est- ce qui ne perd pas sa substance ? Où est la force ?


« le plus beau poème n’est jamais
Que le reste de quelque chose. »

Quelle différence y a-t-il entre le chemin parcouru et l’objet abouti ? Il y a quelque chose de l’unification, d’une volonté d’absolu et d’honnêteté. On voudrait que le poème, la peinture disent tout : le balbutiement, l’avancée dans le noir, la recherche de beauté, et déjà ce miroir d’une vérité, du vivant, qui est partout.

James Sacré tord le langage dans une volonté de montrer la recherche d’une esthétique poétique dépouillée, proche du « gribouillage », proche de ce brouillon où l’on rature, où l’on cherche ensuite à ne garder que l’essentiel. Ces choses qu’on a tendance à ne pas voir et où pourtant « se donne aussi la beauté ».


 

 D'écrire, un peu

Antoine Emaz 

Ensemble de proses où l’auteur tente de « dire écrire ». Il nous emmène alors sur les chemins de la sensibilité, de l’élan de vivre, de l’étonnement quotidien, de l’attente nécessaire.

« On n’écrit pas pour faire beau,
on écrit pour respirer mieux. »
Ce que l’on retient de ce beau texte, c’est la manière dont Antoine Emaz lie la vie, l’émotion à l’écriture, au travail du poète : « force-forme »,
« vie-langue », « vivre-écrire ». Comme une bulle nécessaire, vitale à l’homme-observateur qui saisit le monde et tente de le transcrire au plus vrai, au plus proche de son intensité.

 Extrait
Écrire «le ciel est bleu» n’est possible qu'à force d’avoir vu le ciel bleu sans l'écrire. Ou bien on a essayé, raté. Et puis un matin, les mots cherchent le ciel, alors qu’il n’a rien de plus bleu que les autres. Le présent est épais, et s’il ne l’est pas assez pour libérer un poème, il vaut mieux le laisser passer, jusqu’à ce qu’il épaississe encore. Attendre : aucun poème n’est nécessaire, sauf celui qui s’écrit de lui-même, dans l’élan d’un moment, maintenant, souvent préparé par une longue patience. En cela, un poète travaille sans cesse, même quand il semble ne rien faire sinon vivre, regarder, sentir. Mais ça, c’est un peu compliqué à expliquer aux autres, que l’on travaille en ne faisant rien



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